Chabe !

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En parler lyonnais, l’interjection « chabe » signifie « regarde » (Chaber-regarder). Et quoi de mieux qu’une revue photographique dédiée à Lyon et ses environs, à Lyon et ses photographes qui permettrait de regarder tout ça ?
C’est l’invitation faîte par la revue Chabe ! publiée par les journalistes de l’Arrière-Cour.

Le second numéro, que nous allons évoquer ici, offre un panel large et ouvert sur l’espace lyonnais, avec des écritures photographiques diverses et variées, des univers à chaque fois singuliers. Lyon et ses photographes… Les écritures sont affirmées et singulières, et alors que trop souvent la photographie se fait, se montre, se présente à Paris, un projet comme Chabe ! ne peut que permettre d’élargir le propos, d’ouvrir à des regards.
Ainsi, il faut saluer la variété de la proposition, saluer les textes accompagnant les images. Parce qu’il n’est pas question, ici, de se contenter de regarder.

Alors que trouve-t-on au sein de ce numéro 2 ?

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La compagnie du subterfuge fait danser les murs d’un quartier, les habitants sont ici chez eux pour le meilleur et pour le pire.
Flora Fanzutti réalise des images au microscope, minuscules paysages, tandis que Lise Dua poursuit ce temps des métamorphoses qui traverse son œuvre.
Nous voyez-vous s’interroge Lili Vagne ? Nous, ce sont des jeunes migrants venant d’être reconnus mineurs.
Les Black-Bloc vus de l’intérieur d’Arthur Perrin ont quelque chose d’incertain et fou.
Sébastien Érôme questionne la famille et réalise ce travail en famille, tandis que Marion Bornaz repense aux nuits désertées des années COVID.
Didier Melquiot s’est immergé dans un lieu d’accueil pour personnes lourdement handicapées et en rapporte des images poignantes. Des rochers glaciaires, telle Gros Caillou sur les pentes de Croix-Rousse, Fanny Vandecandelaere fait un sujet complexe.
Puis, il y a les traversées incertaines de la détention sans barreau de Kevin Dubost, la marge de Nicolas Vigilanti, les voyages immobiles de Fabien Muscio.
Et en conclusion (même si la revue réserve diverses surprises que je ne dévoilerai pas ici) le travail sur les personnes trans et non-binaire de Juliette Mono.
Bref, c’est peu de dire que Chabe ! est une revue dense, pleine, ou chacun.e trouvera matière à se réjouir.

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Si l’on y pense, il y a assez peu d’objets de ce type dans la production éditoriale actuelle. Et le pari proposé ici aurait rapidement pu virer à la catastrophe. En effet, le mélange des genres est souvent soumis à un équilibre subtil. Or, l’écueil est grand de se retrouver à lire une sorte de vaste fourre-tout sans réel intérêt où chacun des travaux subit le précédent ou le suivant. Chabe ! évite ceci. D’abord, parce que la place accordée au texte laisse le temps au lecteur de s’imprégner de chacune des séries. Ce n’est pas du fast-food, ce n’est pas non plus pompeux comme un restaurant étoilé. C’est plutôt à l’image de la gastronomie lyonnaise : simple, roboratif, joyeux.
Chabe ! permet donc de se faire une idée assez juste de ce qui existe dans ce territoire-là, ou à propos de ce territoire-là.
Ensuite, parce qu’il y a une fraîcheur, une sorte de joie qui parcourt les pages. Alors que certains sujets sont durs, jamais le propos, la mise en page, ne vire au pathos. On sent derrière ça une volonté de donner à voir, d’éveiller les curiosités, de parler d’un lieu et ça dans un plaisir qu’on cherche à nous partager.

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Bref, même si on peut regretter un petit manque d’images (certainement lié à des contingences matérielles de production), Chabe ! est une revue qu’il faut acquérir et lire. Souhaitons, alors que le numéro 3 est en préparation, que celle-ci perdure longtemps et fasse de Lyon un haut lieu photographique.

Site de l’Arrière-cour

25€

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Frédéric MARTIN
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