Veri, Orangina & Aperol Spritz – Sofía París et Andreu de Pedro

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©ofía París et Andreu de Pedro

En cette période grisâtre, pluvieuse et monotone, un ouvrage comme Veri, Orangina & Aperol Spritz, illumine la journée. Récit d’un voyage méditerranéen estival, les photographies des artistes espagnols Sofía París et Andreu de Pedro portent en elles tout ce qui nous lie, relie à ce territoire si spécifique.

Publié par The Eyes Publishing dans le cadre du programme Civus Maritimus, l’ouvrage conçoit la Méditerranée non comme un lieu prédéfini, mais bien comme le berceau civilisationnel qui est le nôtre. Les interactions entre les photographes et les rivages sont dès lors au-delà du simple tourisme balnéaire.

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Il y a d’abord deux corps nus ou légèrement vêtus, bronzés, jeunes et vivants. Peu importe à qui ils appartiennent, ils sont une forme de quintessence d’humanité, les premiers hommes et femmes sur les rives du monde. Puis le soleil, la chaleur, les colonnades d’un temple grec ou romain, des fruits, l’eau transparente, les mêmes corps porteurs d’une légèreté frivole, d’une gravité sérieuse. Le désir est là, mais il n’est pas seul. Il y a le monde immense contenu dans quelques instants.

Une glace aux couleurs vives, des olives, une forme de Dolce Vita éternelle, un été sans fin.

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©Sofía París et Andreu de Pedro

Les images de Sofía París et Andreu de Pedro ont quelque chose de cinématographique, et ce n’est d’ailleurs pas par hasard s’ils se réclament de la Nouvelle Vague. Un cinéma d’été, un cinéma où les personnages sont presque désincarnés en ça qu’ils tendent vers un absolu. Le matériel employé fait de légèreté, de simplicité, la photographie argentique intemporelle, deviennent une évidence.

La mémoire des cinéastes des années 60 n’est pas loin, mais il faut et c’est ce que les deux photographes réussissent, dépasser la simple référence.

Proches, aussi, les travaux de Claude Nori sur les côtes italiennes, notamment à Vacances en Italie, mais là encore le lien se fait parce que le duo va au-delà.

La dimension perçue est certes charnelle, pleine de désir, mais elle se construit dans le rapport que le corps entretient à son environnement. La Méditerranée présentée ici n’est pas celle des manuels et des géographes. Nous sommes au-delà. C’est le voyage d’Ulysse, cette lente dérive d’un pays à un autre, Pénélope tissant et les retrouvailles enfin. Il faut se rappeler, aussi, que nos cultures, nos civilisations gréco-romaines, mais aussi judéo-chrétiennes, émergent ici.

Or, par-delà la représentation symbolique, par-delà la photographie estivale, c’est un ensemble complexe qui se joue.

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©Sofía París et Andreu de Pedro

Sofía París et Andreu de Pedro se mettent en scène et en le faisant deviennent le premier homme et la première femme, ou plutôt une quintessence de l’Homme et de la Femme. Adam et Eve peut-être dans une forme de Paradis qui ne serait pas perdu.

Il y a, justement, quelque chose de paradisiaque au fil de la lecture. Pas un Paradis un peu artificiel ou synthétique fait d’atoll, de lagons, et d’eau turquoise. Non, plutôt un moment suspendu où tout semble possible. Les vêtements blancs, les clins d’œil amusés et érotiques, le grain d’une peau, des fruits, on oscille constamment entre le sérieux du moment et la grâce.

L’amour, le désir, la chaleur, l’eau, la nourriture, une joie discrète, la création… Le bonheur pourrait prendre cette forme. Ou si ce n’est du bonheur, quelque chose d’approchant, un âge d’or infini par exemple.

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©Sofía París et Andreu de Pedro

Veri, Orangina & Aperol Spritz. Trois mots évocateurs que l’on peut entendre de l’Espagne à l’Italie en passant par la Grèce. C’est une histoire, une vie, un monde.

C’est notre histoire, notre vie et en grande partie notre monde. Les deux artistes ont ainsi, sublimant la simple relation amoureuse, évitant le risque de la carte postale, inventés un récit transgénérationnel.

C’est l’Amour, la Mer, Le Soleil.

L’infini.

C’est, enfin, ce que devraient être nos existences : la légèreté au creux d’une chaleur d’été.

Site de Sofía París et Andreu de Pedro

Site de The Eyes Publishing

39€

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Frédéric MARTIN
Frédéric MARTIN

Frédéric Martin est chroniqueur et photographe. Il publie régulièrement des chroniques de livres de photographies sur son site 5ruedu.fr

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